Lundi 14 avril 1 14 /04 /Avr 12:15

Adrees Latif, photographe de l’agence Reuters a reçu le 8 avril dernier le prix Pulitzer dans la catégorie de la photo d’information. Pendant le mouvement de contestation des bonzes en Birmanie, c’est lui qui a saisi les derniers instants d’un journaliste japonais tué à Rangoon.

Difficilement entré en Birmanie, alors en pleine crise, Adrees Latif a pris sa photo depuis un passage piéton qui surplombe une pagode. De là, il photographie une foule compacte venue exprimer sa colère devant les méthodes du gouvernement birman.


Quelques minutes plus tard, éclate une fusillade. C’est à ce moment là que tombe Kenji Nagai, journaliste japonais. Mortellement blessé. Laissé là, mourant, par la police birmane qui vient de le viser.


Adrees Latif explique qu’il a alors, « par instinct », « photographié à quatre reprises l’homme sur le dos ». C’est l’un de ces clichés qui lui vaut aujourd’hui ce prix.

Mais pourquoi une telle récompense. Pour célébrer une sorte de mise en abîme du journalisme et des
risques encourus au quotidien par ceux qui en portent les valeurs ? En hommage à Kenji Nagai ? Pour inciter à se mettre à l’abri derrière un mur plutôt que de s’exposer en première ligne ?

Le jury du Pulitzer justifie en quelques lignes fumeuses et maladroite sa décision. Je regrette ce choix. Il est donneur de leçon ou pas assez.

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Lundi 7 avril 1 07 /04 /Avr 14:33
Il y a maintenant près d’un an, Frank Evers (VII) et Daniel Power, les deux co-présidents, annonçaient la création du nouveau festival de photographie de New York. On en connaît désormais le programme. Alléchant pour les amateurs de photographie contemporaine.


Sur le modèle de ce qui se fait parfois à Arles, (François Hébel, directeur des Rencontres a d’ailleurs apporté tout son concours à l’organisation du festival), plusieurs personnalités du monde de la photo se sont vues confier une sorte de carte blanche. A chacun d’y aller de ses convictions, de ses préférences ou de ses espoirs photographiques.

A commencer par
Martin Parr. Le membre de l’agence Magnum s’est penché sur les séries photographiques. On y retrouvera notamment les travaux de Donovan Wylie, Jeffrey Milstein, Jan Banning ou encore Sarah Pickering.

Autre proposition, celle de Kathy Ryan qui est rédactrice en chef de la photographie au
New York Times Magazine. Mme Ryan a décidé elle de mettre en valeur les qualités sculpturales et picturales de la photographie contemporaine. Ambitieux projet, illustré notamment par Stephen Gill.

Voilà pour les piliers de cette édition 2008, la première. Mais bien d’autres expositions seront organisées. Ainsi que des signatures, des séminaires ou des ateliers photos. Bref un festival comme tant d’autres s’il n’était à New York.

Au DUMBO précisément, nouveau centre de la photographie new-yorkaise, au pied du célèbre Brooklyn Bridge.

L’objectif des organisateurs est de dépasser les 100.000 visiteurs. Ces derniers auront entre le 14 et le 18 mai 2008 pour cela.


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Mardi 1 avril 2 01 /04 /Avr 10:37
Initiés par le magazine Sport, les Sentiers de l'Olympe sont une série photographique réalisée durant les mois de préparation de plusieurs athlètes français au JO de Pékin. Une exposition qui s'annonce plutôt bien et qui sera à découvrir aux Jardins de l'Hotel de Ville de Levallois à partir du 2 juin puis à Arles pendant les rencontres. Oui, c'est vrai encore un peu de patience.



Raymond Depardon a choisi 12 photographes. Tous de la génération montante. Face à eux, des athlètes prometteurs, en lice pour défendre les couleurs de la France à Pékin, dans des disciplines aussi variées que l’athlétisme, la natation, l’équitation, le badminton, l’aviron, l’haltérophilie, le handball, le tennis, le judo ou l’escrime.
 
Réalisé par des photographes issus des champs artistiques ou documentaires, ce travail est la rencontre de deux mondes, la photographie et le sport, une somme de relations humaines où chacun se plonge dans l’univers de l’autre, dans l’intimité des entrainements.


Une seule remarque, même si après tout le mécénat ne se discute pas : c'est le groupe Lagardère qui finance le projet... Et pour bien faire les choses, beaucoup de ces sportifs sont d'ailleurs membres du "team Lagardère". Simple constat. 
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Mercredi 19 mars 3 19 /03 /Mars 16:40
Pourquoi donc ? Tu t’interroges, lecteur inexistant, c’est que tu ignores le parcours fabuleux d’un homme qui, par son travail profond et détaillé, à sans doute écourté (un peu) le conflit du Vietnam. Donc parce que son intransigeance et son énergie avaient fini par le faire croire immortel.
  Philip-Jones-Griffiths.jpg  
Son premier job, Griffiths l’obtient en 1961 à l’Observer. Lui l’impénitent voyageur a déjà quitté son Pays de Galles natal pour Londres. Le mouvement élevé au rang de principe mais pas seulement.
 
Il se familiarise avec les conflits armés en Algérie, dès le début de la guerre. Il séjournera ensuite en Afrique centrale. Mouvement mais aussi souci de comprendre et de photographier au plus juste.
 
Le temps de se faire la main. Le temps que Johnson décide d’engager les Etats-Unis au Vietnam. La terre de naissance photographique, à mon sens, de Griffiths. Il y fera plusieurs séjours entre 1966 et 1971, il signera plusieurs ouvrages sur cette guerre et ses conséquences.
 
Parmi eux « Vietnam Inc ». Un chef d’œuvre de journalisme et d’analyse. Si près d’un conflit si meurtrier, il en tire les conclusions les plus cinglantes. Un ouvrage foisonnant d’anecdotes, vécues, qui illustrent terriblement le degré d’impréparation des Américains et, par voie de conséquence, l’impact sur les Vietnamiens.
 
Griffiths signe un livre référence.
 
Mais il continuera son périple au Cambodge, en Israël, au Koweït. Là où ça cogne, là où ça vit. Un peu à l’image de l’agence Magnum qu’il présidera au début des années 80.
 
Alors voilà, Griffiths n’est plus tout à fait et il reste tout à fait. 72 ans et des années encore.


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Mardi 11 mars 2 11 /03 /Mars 15:33
Par curiosité j’ai, pour ainsi dire, craqué et investi dans un DVD sur la photographie. Et cette question suspendu à un visionnage impatient : comment parle-t-on de la photo sur petite écran ?

« L’aventure photographique » n’est pas sortie récemment. Ni phénomène, ni cohue médiatique, juste des noms en guise de caution. Roger Thérond pour raconter, celui qui avait cette folle ambition photographique chevillée au corps, histoire d’images devenue après lui seule histoire de choc. Philippe Azoulay en producteur, autre gage.

Deux DVD, une dizaine de catégories (les précurseurs, les photographes de guerres, le marché de la photo, la photo de mode…). C’est vieillot dans la mise en forme. Vieillissant et presque risible, avouons le.

Mais pour le reste, tout y est ou presque. Une bible ? Pas loin. Un peu sommaire souvent mais fidèle à un esprit clair et concis. Un « voyage subjectif » précise le producteur. Subjectif et suffisamment complet : 1.700 photos, 300 photographes.

Ce DVD paraitra sans doute un peu léger aux connaisseurs. On survole beaucoup évidemment, au risque de raccourci ennuyeux ou d’ellipses dommageables. Pour ceux en revanche qui sont des amateurs peu éclairés, le contenu semblera foisonnant, peut être trop.

Ce tour d’horizon est très réussi lorsqu’il aborde la naissance de la photo. On apprend beaucoup et bien. Un retour aux sources très bien construit. Même constat pour les ‘portraitistes’.

C’est un peu court sur les photographes de guerre ou les photos reporters. D’autant plus commenté par Roger Therond. Pas un mot sur Gilles Caron, trop peu sur les aventures des agences. Dommage.

Mais un témoignage, rapide, suffirait presque.
Jean-Loup Sieff, dans son studio plongeant sur le cimetière du Montparnasse, fidèle à lui même et à son souci de capter ce qui n'est déjà plus. Sa présence était si rare.

L’aventure est donc plutôt belle. Celle du DVD qui souligne ce si prodigieux cheminement de Daguerre à Tartampion qui imprime, chez lui, grâce à un simple câble USB. C’est grisant. Et ce n’est que le début…


L'aventure Photographique, 150 ans d'histoire de la photographie
Raconté par Roger Thérond
Publié dans : Audiovisuel
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Vendredi 15 février 5 15 /02 /Fév 23:22

Depuis le 10 février, le Laboratoire présente une exposition d’une rare densité. Subtile mélange entre les photos de Nachtwey et les films du réalisateur américain Asa Mader. Le Sida, la tuberculose… le drame des maladies infectieuses dans les pays pauvres est ici abordé avec beaucoup d'intelligence. 

James Nachtwey n’est plus un photographe que l’on présente. Le temps manque toujours pour faire le tour d’une carrière qui l’a conduit des terres afghanes à celles africaines. Photographe « anti-guerre » comme il se définit. Avec un souci récurrent : photographier dans l’espoir « d’avoir une incidence sur les comportements humains ». L’ambition est exemplaire.

 

Pendant des mois, il a accompagné une scientifique, Anne Goldfield, dans des dispensaires au Cambodge, en Afrique du sud, en Sibérie. Là où l’on meurt de maladies infectieuses. Là où l’on meurt dans des souffrances indicibles et dans la misère la plus indigne.

   

Nachtwey livre un témoignage terrible. Tout en regards et en mains. Quand l’espoir n’est plus de mise, les regards sont vides et la présence des proches le dernier réconfort. Noir et blanc pudiques mais parfois insoutenables.

 

Asa Mader accompagne les tirages par deux films. L’un sur James Nachtwey, peine à capter l'attention. L’autre, sur le travail des scientifiques œuvrant au quotidien auprès des malades, est une vraie réussite.

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Cette exposition signe avec brio l’alliance entre la science et l’art. Elle ouvre aussi la voie à un photojournalisme assumé. N’ayant plus à choisir entre une presse qui le néglige et les murs trop orgueilleux d’un musée silencieux.

 

Car les photos de James Nachtwey font un bruit assourdissant. Un bruit honteux. C’est dur, bouleversant, « on a deux yeux de trop ».  



Jusqu'au 17 mars au Laboratoire
4, rue du Bouloi
75001 Paris

Publié dans : Expositions
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Mercredi 13 février 3 13 /02 /Fév 23:17
C'est une photo du britannique Tim Hetherington qui a remporté le prix annuel World Press Photo. Une image en couleur, parlant de l'Afghanistan, parlant d'une forme de desespoir si propre à la guerre. "C'est la photo d'un homme au bord du vide", a précisé le président du jury.

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Tim Hetherington obtient ce prix pour une photo d'une rare intensité. Envoyé en Afghanistan par Vanity Fair (la récompense revient aussi, à mon sens, au magazine américain qui laisse encore vivre la photo), le britannique a suivi de longues semaines un bataillon d'infanterie américain.

L'homme ainsi saisi ne se repose pas. "Cette image représente l'épuisement d'un homme et l'épuisement d'une nation" détaille Gary Knight, président du jury. 

On n'oserait contredire jugement d'évidence. Un épuisement. Un homme à bout et au bout, trouvant refuge, si dérisoire, dans un bunker. Le Bunker "Restrepo", du nom d'un de ses compagons d'arme tué quelques jours plus tôt.

La photographie de guerre renvoie l'individu à son incapable renouvellement. 

L'Amérique s'enfonce, emportant dans son sillage, bien indirectement, une photographie d'un genre reconnu. Ce 51ème prix World Press Photo est d'une beauté dramatique. D'un équilibre et d'une justesse indiscutable. La détresse qu'il exprime n'en est que plus indigne.
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Mercredi 13 février 3 13 /02 /Fév 22:40
Vous avez du talent. Pas moi. Vous avez la ferme intention de briller dans cette profession exigeante. Pas moi. Vous êtes décidés à vous frotter à la concurrence la plus rude sans crainte d'y abandonner espoirs et rêves les plus fous. Pas moi. Mais la suite est pour vous.

Depuis le 1er février, l'appel à candidature de la bourse du talent est lancé. Trois thématiques s'offrent aux valeureux postulants. 

D'abord la catégorie "Espace, paysage et architecture". La date limite de dépot des dossiers est fixée au 02 octobre 2008 inclus.
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Ensuite, la catégorie "Portrait dans tous ces états". La date limite de dépot des dossiers est fixée au 05 juin 2008 inclus.
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Enfin, la catégorie "Reportage". Pour cette catégorie, autant le dire franchement, les choses pressent un peu. La date limite de dépot des dossiers est fixée au 26 mars 2008 inclus.
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Que dire sinon bonne chance. Pour beaucoup il en faudra.
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Lundi 11 février 1 11 /02 /Fév 15:35
Le photographe et cinéaste français se raconte devant le fondateur de l’agence photographie VU. Rencontre passionnante, rendue possible par l’émission de France culture, « A voix nu ».

Raymond Depardon a tout d’un taiseux. De ceux qui contemplent quand les autres occupent la place par gout ou intension à peine voilée. Raymond Depardon, lui, se tapit.

C’est pourquoi, on s’étonne presque de le voir se livrer ainsi. Dialogue thématique.

Retour sur une enfance campagnarde d’abord. Pas ou peu d’images. Une famille toute entière tournée sur les travaux de cette ferme de la Saône. Depardon s’y décrit comme un enfant silencieux, heureux, « sauvage ». Son premier appareil, il le dérobe à son frère. Début.

Son arrivée à Paris pour devenir apprenti.  Son travail pour la presse, sportive notamment. « Je ne vivais pas d’amour et d’eau fraiche, mais je vivais d’amour et d’espoir ».

Sentiment que tout file, à une vitesse démesurée. Déjà, il part en Mauritanie, puis à Moscou, au Vietnam… Raymond Depardon est partout. Appareil au poing.

Deux regrets pourtant. Il s’attarde trop peu sur la fondation de l’agence Gamma. Soudain, l’homme redevient silencieux ; Glissant sur des noms comme ceux de Robert Henrotte ou Gilles Caron. Des blessures, visiblement. L’expérience avait pourtant tout d’une passionnante aventure.

Autre regret. La posture du photographe. Moralisateur à ses heures, souvent prédicateur. L’homme apparaît vieux et obstiné. Désagréable.

Mais qu’importe. De fait, Raymond Depardon avait un sens. Celui d’abord de bien s’entourer. A l’image de son contradicteur du moment, Raymond Caujolle. Celui qui sera à l’origine du feuilleton new-yorkais de Depardon publié dans le journal Libération.

Mais il sut aussi s’entourer de ses convictions. Chevillées au corps. Celles qui l’ont guidé vers l’édition ou le cinéma. A sa manière, toujours.


Raymond Depardon, l'être photographe.
Entretiens avec Chrisitan Caujolle
Editions de l'aube
8,90 €
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Samedi 9 février 6 09 /02 /Fév 12:26
Après l’arrêt de la production d’appareils, l’entreprise américaine s’apprête à fermer ses usines en charge de la fabrication des films. Si rien ne vient enrayer le processus, les utilisateurs de polaroids ne pourront plus utiliser leurs appareils d’ici fin 2009.

polaroid.jpg Depuis quelques années déjà, la fermeture paraissait inéluctable. Une fatalité de plus dans un monde où le tout commerce broie ceux qui ne savent pas s’adapter. A ce titre, et seulement à ce titre, le polaroid est un archaïsme.

Ce boitier de plastique, le plus souvent, son développement instantané, son manque évident de mobilité. Oui, le polaroid est suranné. Oui, il ne répond sans doute plus aux exigences d’aujourd’hui. Et alors.

Créé en 1937, grâce à l'invention d'un jeune Américain de 20 ans, puis devenue l'une des marques mondiales les plus connues après la Seconde Guerre mondiale,
Polaroid s'est endetté à la fin des années 1980 pour résister à une offre de rachat hostile et a investi sans succès dans de nouveaux produits.

Ce même groupe qui cherche aujourd’hui à vendre ses deux usines américaines, près de Boston. Suivront aussi celles implantées au Mexique et aux Pays-Bas.

Tout ça pour quoi ? Pour se lancer dans la production d’écran plat.

Evidemment. Le « pola » ne peut pas lutter. Mais combien d’artistes, de Warhol à Paolo Roversi, se trouvent ainsi dépossédés.

2009.
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