James Nachtwey et son combat pour la vie

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Depuis le 10 février, le Laboratoire présente une exposition d’une rare densité. Subtile mélange entre les photos de Nachtwey et les films du réalisateur américain Asa Mader. Le Sida, la tuberculose… le drame des maladies infectieuses dans les pays pauvres est ici abordé avec beaucoup d'intelligence. 

James Nachtwey n’est plus un photographe que l’on présente. Le temps manque toujours pour faire le tour d’une carrière qui l’a conduit des terres afghanes à celles africaines. Photographe « anti-guerre » comme il se définit. Avec un souci récurrent : photographier dans l’espoir « d’avoir une incidence sur les comportements humains ». L’ambition est exemplaire.

 

Pendant des mois, il a accompagné une scientifique, Anne Goldfield, dans des dispensaires au Cambodge, en Afrique du sud, en Sibérie. Là où l’on meurt de maladies infectieuses. Là où l’on meurt dans des souffrances indicibles et dans la misère la plus indigne.

   

Nachtwey livre un témoignage terrible. Tout en regards et en mains. Quand l’espoir n’est plus de mise, les regards sont vides et la présence des proches le dernier réconfort. Noir et blanc pudiques mais parfois insoutenables.

 

Asa Mader accompagne les tirages par deux films. L’un sur James Nachtwey, peine à capter l'attention. L’autre, sur le travail des scientifiques œuvrant au quotidien auprès des malades, est une vraie réussite.

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Cette exposition signe avec brio l’alliance entre la science et l’art. Elle ouvre aussi la voie à un photojournalisme assumé. N’ayant plus à choisir entre une presse qui le néglige et les murs trop orgueilleux d’un musée silencieux.

 

Car les photos de James Nachtwey font un bruit assourdissant. Un bruit honteux. C’est dur, bouleversant, « on a deux yeux de trop ».  



Jusqu'au 17 mars au Laboratoire
4, rue du Bouloi
75001 Paris

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Publié dans Expositions

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